Vitesse moyenne et allure en course à pied : où vous situez-vous vraiment ?

Vous courez à 10 km/h. Est-ce lent ? À 12 km/h, êtes-vous déjà un bon coureur ? Et une allure de 5’00/km, ça vaut quoi réellement ? À force de tout mesurer, vitesse moyenne et allure sont devenues une drôle de manière de juger son niveau. Les chiffres permettent pourtant de se situer, à condition de savoir à qui, et à quoi, on se compare.

Une montre GPS, Strava et quelques copains qui courent un peu trop vite suffisent parfois à vous convaincre que vous êtes lent.

Votre footing s’est terminé à 5’45/km. Vous étiez pourtant bien, les jambes faciles, le cardio tranquille. Puis vous ouvrez Strava. L’un vient de courir à 4’50/km, l’autre affiche fièrement ses 15 kilomètres à 4’35. Quelques secondes plus tard, votre sympathique footing prend des allures de promenade digestive.

C’est idiot. Mais soyons sérieux : nous faisons tous plus ou moins la même chose.

La course à pied reste un sport chronométré. Vouloir connaître sa vitesse moyenne ou son allure et savoir où l’on se situe par rapport aux autres n’a donc rien de honteux. Encore faut-il comparer ce qui est comparable.

Vitesse moyenne et allure en course à pied : quelle différence ?

Les deux chiffres racontent exactement le même effort, mais dans un sens différent.

La vitesse moyenne s’exprime en kilomètres par heure. Courir à 12 km/h signifie parcourir 12 kilomètres en une heure.

L’allure de course indique au contraire le temps nécessaire pour parcourir un kilomètre. À 12 km/h, l’allure est de 5’00/km.

Les coureurs utilisent généralement davantage l’allure parce qu’elle est plus parlante sur le terrain. Si votre objectif est de courir un 10 km en 50 minutes, vous savez qu’il faudra tourner autour de 5’00/km. Sur semi-marathon ou marathon, le raisonnement est le même.

La conversion est simple : pour passer d’une vitesse en km/h à une allure en min/km, on divise 60 par la vitesse. 10 km/h correspondent donc à 6’00/km, 12 km/h à 5’00/km et 15 km/h à 4’00/km.

Mais le problème n’est finalement pas de savoir convertir l’un en l’autre. C’est de savoir ce que ce chiffre raconte réellement de votre niveau.

Pour aller plus loin, notre tableau VMA et allures permet de convertir directement une vitesse en allure, mais aussi de retrouver ses allures d’entraînement en fonction de sa VMA.

Quelle est la vitesse moyenne en course à pied ?

C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes chez les coureurs qui débutent ou reprennent.

Et l’on trouve un peu partout une réponse comprise autour de 8, 10 ou 12 km/h selon le niveau.

Une fourchette suffisamment large pour que presque tout le monde puisse y trouver ce qu’il cherche.

Le problème est ailleurs : une vitesse moyenne de 10 km/h ne dit quasiment rien d’un coureur si l’on ignore pendant combien de temps, sur quel terrain et avec quel niveau d’effort il la tient.

À 10 km/h pendant un footing facile, un coureur entraîné peut avoir l’impression de trottiner. À la même vitesse pendant plusieurs heures sur un trail montagneux, l’histoire est sensiblement différente.

Même sur route, comparer la vitesse moyenne de deux séances n’a finalement que peu d’intérêt. Un footing n’est pas une compétition, une séance de récupération n’est pas un 10 km et toutes les sorties ne sont heureusement pas destinées à battre un record personnel.

Si l’on veut réellement se situer, autant prendre une référence commune.

Le 10 km fait plutôt bien le travail.

Sur 10 km, 10 km/h vous placent déjà au cœur du peloton

RunRepeat a compilé 35 millions de résultats provenant de plus de 28 000 courses. Sur 10 km, le chrono médian ressort à 1h02’08, soit une vitesse moyenne d’environ 9,7 km/h et une allure proche de 6’13/km.

Voilà qui remet déjà certaines certitudes à leur place.

Courir 10 kilomètres en une heure n’a rien d’une performance extraterrestre, évidemment. Mais ce n’est pas non plus cette allure poussive que certains fils Strava pourraient laisser imaginer.

Dans cette base de résultats, voici quelques repères :

Temps sur 10 kmAllure moyenneVitesse moyennePosition dans l’échantillon
1h02’086’13/km9,7 km/hmédiane
59’055’55/km10,2 km/h40 % les plus rapides
52’475’17/km11,4 km/h20 % les plus rapides
48’114’49/km12,5 km/h10 % les plus rapides
36’183’38/km16,5 km/h1 % les plus rapides

Attention tout de même à ne pas transformer ce tableau en nouveau classement universel.

Ces chiffres concernent des participants à des courses. Autrement dit des personnes suffisamment engagées dans leur pratique pour prendre un dossard et franchir une ligne d’arrivée. La population de tous ceux qui vont simplement courir de temps en temps est encore autre chose.

Les résultats diffèrent également selon l’âge et le sexe. La médiane sur 10 km est par exemple de 57’15 chez les hommes et 1h06’54 chez les femmes dans cette même étude.

Il n’existe décidément pas un coureur moyen. Il existe surtout beaucoup de manières de choisir la population à laquelle on souhaite se comparer.

Quelle est une bonne allure moyenne en course à pied ?

On pourrait retourner la question : bonne pour quoi ?

Une allure moyenne de 6’00/km correspond à 10 km/h. Cela peut constituer un objectif ambitieux pour quelqu’un qui commence à courir, une allure de footing pour un coureur expérimenté ou un rythme impossible à tenir pendant plusieurs heures pour un autre.

À 5’00/km, vous courez à 12 km/h et bouclez un 10 km en 50 minutes.

À 4’00/km, vous êtes à 15 km/h et le même 10 km tombe à 40 minutes.

La même allure n’a donc pas la même signification selon la distance et le contexte.

Vitesse moyenneAllure moyenneTemps sur 5 kmTemps sur 10 km
8 km/h7’30/km37’301h15
9 km/h6’40/km33’201h06’40
10 km/h6’00/km30’001h00
11 km/h5’27/km27’1654’33
12 km/h5’00/km25’0050’00
13 km/h4’37/km23’0546’09
14 km/h4’17/km21’2642’51
15 km/h4’00/km20’0040’00
16 km/h3’45/km18’4537’30

Vu comme cela, les écarts deviennent tout de suite plus parlants.

Entre 10 et 12 km/h, il n’y a que deux petits kilomètres par heure. Mais dix minutes sur un 10 km.

Entre 12 et 15 km/h, trois kilomètres par heure supplémentaires permettent encore de retirer dix minutes.

Et quiconque a déjà essayé de passer de 50 à 40 minutes sur 10 km sait que la progression paraît nettement moins anodine dans les jambes que dans un tableau.

Plus on court vite, plus chaque seconde devient chère.

Le coureur moyen n’est probablement pas celui que vous regardez

C’est ici que notre perception commence à se déformer.

Le coureur que l’on voit le plus n’est pas nécessairement le coureur le plus représentatif.

Celui qui court cinq fois par semaine, prépare son troisième marathon, possède deux paires de chaussures carbone et publie chacune de ses séances a davantage de chances de peupler votre fil Strava que celui qui court tranquillement deux fois par semaine sans jamais montrer son chrono à personne.

À force, notre référentiel change.

50 minutes sur 10 km deviennent « correctes ». 45 minutes presque banales. Et autour de 40 minutes, on commence seulement à trouver que ça court bien.

Les résultats de courses racontent pourtant autre chose : moins de 48’11 suffit déjà pour intégrer les 10 % les plus rapides de l’échantillon RunRepeat.

Il faut parfois sortir de sa petite bulle de coureurs pour retrouver une vision un peu plus réaliste de la performance.

Votre allure moyenne de footing ne dit presque rien de votre niveau

Il reste un travers assez répandu : vouloir être rapide même lorsqu’on est censé courir lentement.

Parce que 4’59/km est psychologiquement plus agréable à afficher que 5’32, que la montre nous accompagne désormais partout, et qu’une sortie enregistrée finit parfois par devenir une sortie à justifier.

Alors on accélère légèrement.

Pas suffisamment pour faire une vraie séance rapide, mais juste assez pour que le footing ne soit plus réellement facile.

C’est probablement la pire utilisation possible de l’allure moyenne.

Un coureur capable de passer sous les 40 minutes sur 10 km peut parfaitement réaliser une partie de ses footings à 10 ou 11 km/h. Cela ne le rend pas subitement moins bon. Cela signifie simplement qu’il ne transforme pas chaque sortie en test.

En endurance fondamentale, l’allure doit justement rester suffisamment facile pour accumuler du temps de course sans générer inutilement de fatigue. Une allure de 6’00/km peut être trop rapide pour un coureur et très lente pour un autre.

C’est aussi pourquoi chercher une « bonne allure moyenne de footing » valable pour tout le monde n’a pas beaucoup de sens.

Nous avons des montres capables de mesurer à peu près tout. Elles n’ont toujours pas réussi à nous obliger à regarder tous les chiffres.

5 km, 10 km, semi ou marathon : l’allure change avec la distance

Dire « je cours à 15 km/h » n’a finalement pas beaucoup plus de sens que d’annoncer « je soulève 100 kilos » sans préciser l’exercice.

Pendant 200 mètres ? Un kilomètre ? 10 kilomètres ?

Beaucoup de coureurs sont capables d’atteindre 15 km/h pendant quelques minutes. Beaucoup moins peuvent tenir cette vitesse sur 10 km, puisqu’elle correspond alors à 40 minutes.

Et sur marathon, maintenir 15 km/h conduirait à une arrivée autour de 2h49.

La distance transforme complètement la valeur d’une allure.

C’est pourquoi une allure semi-marathon n’est pas une allure de 10 km prolongée un peu plus longtemps, pas plus qu’une allure marathon ne se choisit en appliquant arbitrairement quelques secondes supplémentaires au kilomètre.

Plus la distance augmente, plus la capacité à conserver l’allure compte autant que la vitesse elle-même.

Et en trail, la vitesse moyenne devient presque folklorique

Sur route, au moins, le terrain permet certaines comparaisons.

En trail, vouloir déterminer son niveau à partir de sa vitesse ou de son allure moyenne devient rapidement un exercice assez hasardeux.

Un kilomètre à plat sur une piste forestière roulante et un kilomètre avec 250 mètres de dénivelé positif portent le même nom. Le chronomètre, lui, ne s’y trompera pas.

Dénivelé, technicité, altitude, boue, chaleur ou longueur de l’effort peuvent modifier complètement la vitesse moyenne.

Un jour, vous pourrez courir à 15 km/h et vous sentir très fort. Un autre, avancer à 6 km/h et vous demander comment vous allez parvenir à rejoindre le sommet.

C’est aussi ce qui évite normalement au trail de nous laisser trop longtemps prendre la grosse tête.

Alors, quelle vitesse ou quelle allure pour savoir si vous courez vite ?

Si vous voulez réellement vous situer, oubliez l’allure moyenne de votre dernier footing.

Prenez plutôt un chrono récent réalisé sur une distance connue, idéalement sur route et dans des conditions correctes.

Sur 10 km, les données RunRepeat donnent une échelle intéressante : autour d’une heure, vous êtes déjà proche du milieu du peloton de cette vaste base de résultats. Sous 48 minutes, vous entrez parmi les 10 % les plus rapides. Approcher les 40 minutes correspond déjà à un niveau très éloigné du coureur médian.

Cela répond à la question.

Mais seulement à moitié.

Car la notion de bon coureur reste terriblement relative. Celui qui vient de passer pour la première fois sous l’heure sur 10 km n’est peut-être pas rapide aux yeux d’un coureur en 35 minutes. Il est pourtant beaucoup plus rapide que celui qu’il était lorsqu’il a commencé à courir.

À force de regarder devant nous, on oublie facilement le chemin parcouru.

Alors regardez votre vitesse moyenne, calculez votre allure, comparez vos chronos et amusez-vous même à gagner quelques places dans ce grand classement imaginaire. La performance et la compétition font aussi partie du plaisir.

Mais de temps en temps, pensez à regarder derrière.

Le coureur auquel il est finalement le plus intéressant de se comparer est peut-être celui que vous étiez il y a un an.

Questions fréquentes sur l’allure et la vitesse moyenne en course à pied

Quelle vitesse correspond à une allure de 5’00/km ?

Une allure de 5 minutes par kilomètre correspond exactement à 12 km/h. À cette allure, vous courez 5 km en 25 minutes et 10 km en 50 minutes.

Quelle allure correspond à 10 km/h ?

Une vitesse moyenne de 10 km/h correspond à une allure de 6’00/km. Un 10 km couru à cette vitesse se termine donc en une heure.

12 km/h est-il une bonne vitesse en course à pied ?

Tenir 12 km/h pendant 10 km correspond à un chrono de 50 minutes. Dans les données de courses étudiées par RunRepeat, cela situe déjà un coureur nettement au-dessus de la médiane générale. Mais 12 km/h pendant un footing facile ou pendant quelques minutes n’a évidemment pas la même signification.

Quelle est la meilleure allure pour un footing ?

Il n’existe pas d’allure de footing universelle. L’intensité doit rester facile et permettre de parler normalement. Selon le niveau, 6’00/km pourra être une allure très confortable ou déjà trop rapide. C’est l’objectif de la séance qui doit déterminer l’allure, et non le chiffre que l’on souhaite afficher sur sa montre.