Diagonale des Fous 2026 : Evans, Tschumi, Esmiol… qui sont les favoris ?

À 24h du départ de la Diagonale des Fous 2026, deux nouveaux forfaits important bouleversent le plateau féminin. Après Beñat Marmissolle chez les hommes, Marianne Hogan et Manon Bohard renoncent à leur tour. Tom Evans possède sans doute le plus gros CV du plateau masculin, Jean-Philippe Tschumi connaît parfaitement la course et Vincent Esmiol pourrait bien être l’homme à surveiller. Chez les femmes, les derniers forfaits resserrent encore la lutte autour de Ruth Croft et Sarah Vieuille.

La Diagonale des Fous est rarement une simple affaire de palmarès. Entre références internationales, habitués de l’épreuve et spécialistes réunionnais, la course redistribue régulièrement les cartes sur ses sentiers techniques.

Cette édition 2026 n’a même pas encore commencé que la hiérarchie a déjà évolué. Après le forfait de Beñat Marmissolle, vainqueur en 2022 et candidat sérieux à une nouvelle victoire, c’est désormais Marianne Hogan qui renonce à prendre le départ.

À deux jours du coup d’envoi, le plateau perd ainsi deux de ses principaux prétendants. De quoi modifier sensiblement les rapports de force, chez les hommes comme chez les femmes.

Marianne Hogan forfait à deux jours du départ

Nouveau coup dur pour le plateau de la Diagonale des Fous.

Marianne Hogan a annoncé mardi 13 octobre qu’elle ne prendrait finalement pas le départ jeudi soir à Saint-Pierre.

La Canadienne explique que la douleur est revenue au niveau du mollet touché par une déchirure pendant sa préparation. Désormais gênée même à la marche, elle a préféré renoncer plutôt que de compromettre les prochains mois de sa saison.

Un forfait particulièrement significatif tant Hogan apparaissait comme l’une des principales candidates à la victoire.

Troisième de la Western States en juin dernier et déjà très bien placée sur la Diagonale en 2025 avant son abandon dans Mafate, elle possédait à la fois les références internationales et une première expérience des sentiers réunionnais.

Son absence change nécessairement la lecture de la course féminine.

Beñat Marmissolle forfait, sa blessure au pied n’est toujours pas guérie

Vainqueur de la Diagonale des Fous en 2022, Beñat Marmissolle faisait partie des trois principaux favoris annoncés avec Tom Evans et Jean-Philippe Tschumi.

Mais le Basque a annoncé le 6 octobre son forfait. Sa métatarsite, qui l’avait déjà contraint à renoncer à l’UTMB fin août, n’est toujours pas suffisamment guérie pour envisager près de 180 kilomètres et 10 200 mètres de dénivelé positif sur les sentiers réunionnais.

Son absence enlève au plateau masculin l’un des rares coureurs engagés cette année à savoir exactement ce qu’il faut pour gagner à La Redoute.

Elle ouvre aussi un peu plus une course qui l’était déjà beaucoup.

Tom Evans, le plus gros CV mais aucune expérience de la Diagonale

Sur le papier, Tom Evans apparaît désormais comme le favori le plus évident.

Vainqueur de la Western States en 2023 puis de l’UTMB en 2025, le Britannique possède des références internationales que peu de concurrents peuvent égaler.

Mais son principal point d’interrogation est considérable : il va découvrir la Diagonale.

La technicité des sentiers, les longues descentes, la chaleur, l’humidité et surtout l’accumulation des difficultés rendent les comparaisons avec les autres grands ultras parfois hasardeuses. La course réunionnaise a déjà fait déjouer suffisamment de grands noms pour qu’un palmarès ne constitue jamais une garantie.

Et le nouveau parcours de la Diagonale des Fous 2026 réduit encore davantage l’avantage des références passées.

Jean-Philippe Tschumi revient chercher ce qui lui manque

S’il y en a un qui connaît la Diagonale, c’est Jean-Philippe Tschumi.

Le Suisse a terminé deuxième en 2022 derrière Beñat Marmissolle, troisième en 2023 puis de nouveau deuxième en 2024 derrière Mathieu Blanchard.

Trois podiums consécutifs. Mais toujours pas de victoire.

Cette régularité devient particulièrement intéressante face à Tom Evans. Là où le Britannique possède peut-être le meilleur palmarès international, Tschumi sait ce que représentent réellement vingt-quatre heures sur les sentiers réunionnais.

Avec le forfait de Marmissolle, son expérience pourrait peser encore plus lourd.

Vincent Esmiol, la surprise qui n’en serait plus vraiment une

Et si l’un des hommes les plus dangereux n’était ni Evans ni Tschumi ?

Vincent Esmiol mérite désormais beaucoup plus que le statut de simple outsider.

En 2024, pour sa première participation à la Diagonale, il avait terminé 6e en 27 h 05, derrière Mathieu Blanchard, Jean-Philippe Tschumi, Ben Dhiman, Diego Pazos et Martin Kern.

Depuis, il a encore franchi un cap.

En août 2025, il a remporté l’Échappée Belle, 152 kilomètres et plus de 11 000 mètres de D+, en 23 h 38 min 19 s, améliorant le record que détenait François D’Haene.

Puis, en avril 2026, il s’est imposé sur le MIUT Legend, à Madère, 110 kilomètres pour environ 7 200 mètres de dénivelé positif.

Il revient surtout à La Réunion en connaissant désormais la course. Un détail loin d’être anodin.

Sixième dès sa première tentative, performant sur les terrains très techniques et beaucoup mieux armé qu’il y a deux ans, Esmiol possède le profil pour se mêler à la lutte devant.

Le voir gagner constituerait encore une surprise. Le voir sur le podium, beaucoup moins.

Deck, Wade, Garrivier : derrière les favoris, beaucoup de monde

Réduire la course à Evans, Tschumi et Esmiol serait pourtant risqué.

Hugo Deck, double vainqueur de la MaXi-Race, possède lui aussi les qualités nécessaires pour les terrains longs et techniques.

Le Britannique Josh Wade, troisième de l’UTMB 2025, arrive également avec une vraie référence sur 100 miles.

Thibaut Garrivier, cinquième de cet UTMB 2025, fait partie des autres coureurs capables de profiter de la moindre défaillance devant.

Sur une Diagonale où les écarts peuvent se construire très tard, cette densité compte presque autant que l’identité du favori numéro un.

Payet et Sautron, bien plus que des outsiders locaux

Il serait également réducteur de regarder uniquement les coureurs venus de l’extérieur.

Fabrice Payet a terminé 6e de la Diagonale en 2025, en 25 h 42, après avoir déjà occupé cette même place en 2023. Il reste l’un des Réunionnais les plus capables de s’immiscer parmi les meilleurs.

Judicaël Sautron connaît lui aussi parfaitement l’épreuve. Huitième en 2022, il a encore terminé 7e en 2024.

La connaissance du terrain ne suffit plus à elle seule pour gagner la Diagonale, comme nous l’avons analysé dans notre article consacré à la difficulté des Réunionnais à s’imposer aujourd’hui sur le Grand Raid.

Mais sur une course de cette durée, savoir gérer les spécificités du climat, les descentes techniques et l’enchaînement des difficultés reste un avantage.

Croft, Vieuille : la course féminine change de visage

Les forfaits de Marianne Hogan et Manon Bohard rebattent les cartes de la course féminine. Deux prétendantes sérieuses à la victoire disparaissent du plateau, sans pour autant dégager une favorite incontestable.

Ruth Croft possède probablement le CV le plus impressionnant. Vainqueure de l’UTMB en 2025, la Néo-Zélandaise a largement les moyens de s’imposer dès sa première participation. Mais découvrir la Diagonale reste une inconnue considérable, tant cette course possède ses propres exigences.

Sarah Vieuille voit également ses ambitions prendre une autre dimension. Quatrième de la Diagonale en 2025, elle connaît les particularités du parcours réunionnais et a réalisé un été particulièrement solide : victoire sur la Restonica Trail (69 km) en juillet, puis sur la TDS (153 km) fin août à Chamonix.

Sur le papier, Croft possède les références internationales les plus impressionnantes. Vieuille peut opposer sa connaissance du terrain et sa dynamique récente. Deux profils différents, mais de solides arguments pour viser la victoire.

Et derrière elles, la Diagonale a suffisamment souvent déjoué les pronostics pour laisser de la place à d’autres prétendantes.

Une Diagonale profondément remaniée en 2026

Une dernière inconnue concernera tout le monde : personne n’a encore couru cette Diagonale-là.

Le parcours 2026 affiche environ 180 km et 10 200 mètres de dénivelé positif, mais sa géographie change profondément.

Cilaos disparaît du tracé. Après le secteur du volcan, les coureurs rejoindront notamment Mare à Boue, le Coteau Kerveguen, puis basculeront vers Bélouve et Hell-Bourg avant de rejoindre Mafate par la Plaine des Merles et le sentier Scout.

La traversée de l’île change donc suffisamment pour brouiller une partie des repères accumulés au fil des années.

Cela pourrait avantager ceux qui savent s’adapter plutôt que simplement réciter une course déjà connue.

Une hiérarchie encore plus fragile avant le départ

À deux jours du départ, Tom Evans possède sans doute les références les plus impressionnantes chez les hommes, tandis que Jean-Philippe Tschumi offre les meilleures garanties sur le terrain réunionnais.

Juste derrière, Vincent Esmiol présente peut-être le profil le plus intrigant : sixième lors de sa découverte de la course, désormais vainqueur de deux ultras particulièrement exigeants et de retour avec davantage d’expérience.

Hugo Deck, Josh Wade, Thibaut Garrivier, Fabrice Payet ou Judicaël Sautron peuvent encore compliquer cette hiérarchie.

Chez les femmes, le forfait de Marianne Hogan resserre la course autour de Ruth Croft et Sarah Vieuille. Croft possède probablement les références les plus impressionnantes, et Vieuille arrive avec une dynamique particulièrement intéressante.

À moins de 24 heures du départ, les favoris sont désormais identifiés.

Mais la liste s’est déjà sérieusement raccourcie avant même que les coureurs ne quittent Saint-Pierre.

Et sur la Diagonale, le papier résiste rarement très longtemps aux sentiers réunionnais.