Troisième du contre-la-montre des Mondiaux de Montréal derrière Remco Evenepoel et Filippo Ganna, Paul Seixas décroche sa première médaille mondiale chez les élites. Mais au-delà du bronze, c’est surtout la vitesse de sa progression qui impressionne. Un an après avoir terminé à plus de quatre minutes du Belge, le Français commence à montrer qu’il peut aussi rivaliser avec les meilleurs dans un exercice déterminant pour la suite de sa carrière.
Il y a un an, Paul Seixas avait quitté le contre-la-montre des Mondiaux de Kigali passablement énervé. 16e, à 4 min 14 s de Remco Evenepoel, le Français n’avait pas vraiment cherché d’excuses. Il avait même jugé ne pas avoir « honoré le maillot ».
Douze mois plus tard, le décor a sérieusement changé.
Dimanche à Montréal, Seixas a parcouru les 39,2 kilomètres du contre-la-montre mondial en 46 min 06 s. Devant lui, deux références absolues de la discipline : Filippo Ganna, deuxième à 16 secondes du Français, et Remco Evenepoel, vainqueur en 44 min 53 s et désormais quadruple champion du monde consécutif du contre-la-montre.
À 19 ans, Paul Seixas monte donc sur son premier podium mondial chez les élites.
De 4’14 à 1’13 en un an
C’est probablement le chiffre le plus intéressant de cette médaille.
En 2025, Seixas concédait 4 min 14 s à Evenepoel. Cette fois, l’écart est ramené à 1 min 13 s. Comparer deux chronos disputés sur des parcours différents a évidemment ses limites, mais le changement de niveau est difficile à ignorer.
Et c’est surtout ce que cela raconte de son profil qui devient intéressant.
Depuis son arrivée chez les professionnels, Seixas a très vite montré qu’il savait grimper et tenir sa place sur des courses difficiles face à des coureurs beaucoup plus expérimentés. Sa troisième place à Montréal ajoute une dimension supplémentaire : il commence aussi à être très performant lorsqu’il faut rouler seul contre le chronomètre.
Or, pour un coureur qui ambitionne à terme de jouer les classements généraux des grandes courses par étapes, ce n’est pas exactement un détail.
L’intéressé ne s’en cache d’ailleurs plus. Après l’arrivée, il estimait que cette troisième place confirmait qu’il faisait désormais partie des spécialistes du chrono, tout en soulignant l’importance de l’exercice dans sa progression comme coureur de classement général.
À 19 ans, quel est encore son point faible ?
Paul Seixas n’arrive pourtant pas de nulle part dans la discipline. En 2024, il était devenu champion du monde juniors du contre-la-montre. Son résultat de Kigali, un an plus tard chez les élites, avait montré tout ce qui séparait encore un immense espoir des meilleurs rouleurs de la planète.
Montréal montre surtout à quelle vitesse cet écart peut se réduire.
Il faut évidemment se garder d’aller trop vite. Dimanche, Evenepoel lui reprend encore 1 min 13 s sur moins de 40 kilomètres. À ce niveau, c’est considérable. Seixas doit encore progresser et, à 19 ans, personne ne sait encore exactement quel coureur il deviendra.
Mais c’est justement ce qui rend sa trajectoire passionnante à suivre.
On savait déjà qu’il grimpait. On savait qu’il pouvait tenir sur des parcours difficiles. Son titre mondial juniors avait aussi montré ses qualités contre la montre.
À Montréal, il vient surtout de prouver que toutes ses qualités peuvent désormais l’amener sur un podium mondial chez les élites.
Et c’est peut-être cela, plus encore que la médaille de bronze, qu’il faut retenir de sa performance.
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