Première cyclosportive : tout ce qu’il faut savoir avant son premier dossard

Une première cyclosportive, ce n’est pas seulement une longue sortie avec un dossard. En accompagnant deux novices sur l’Étape du Tour Femmes puis sur la Colnago GF Mont Ventoux, les mêmes questions sont revenues : suis-je assez entraîné ? Vais-je réussir à terminer ? À quelle allure partir ? Que manger ? Comment gérer le stress, le sommeil et les longues heures de vélo ? Voici ce qui ressort de ces deux expériences.

Sur le papier, tout paraît assez simple : suivre un plan d’entraînement, préparer son vélo, remplir ses poches et prendre le départ.

Dans la réalité, une première cyclosportive commence souvent bien avant le coup de pistolet.

La veille, les doutes arrivent. La météo est regardée dix fois, le parcours une onzième, les affaires sont vérifiées puis revérifiées. Et une question finit presque toujours par s’imposer : est-ce que je vais vraiment être capable d’aller au bout ?

Sur l’Étape du Tour Femmes comme sur la Colnago GF Mont Ventoux, cette part d’inconnu était au moins aussi importante que les considérations purement sportives.

Choisir une première cyclosportive adaptée à son niveau

Le nom d’une épreuve, son parcours ou son arrivée au sommet d’un col mythique peuvent faire rêver. Mais avant de s’inscrire, mieux vaut regarder ce que la journée implique réellement.

Distance, dénivelé positif, longueur des principales ascensions et barrières horaires sont les quatre données essentielles.

Un parcours de 120 kilomètres en montagne n’a rien à voir avec une sortie de 120 kilomètres sur terrain roulant. Les heures s’accumulent, les ravitaillements prennent du temps et les dernières montées peuvent devenir très longues.

Pour une première participation, mieux vaut choisir une difficulté légèrement en dessous de ses limites que l’inverse.

Accepter les doutes avant le départ

C’est probablement l’un des aspects les moins évoqués lorsqu’on prépare sa première cyclosportive.

Même avec un entraînement sérieux, il reste toujours une part d’inconnu.

On peut avoir déjà parcouru la distance. Déjà gravi le même dénivelé. Déjà roulé six heures. Mais rarement avec plusieurs milliers de cyclistes autour de soi, un dossard accroché dans le dos, un horaire à respecter et la sensation que la journée compte un peu plus qu’une sortie classique.

Les questions arrivent naturellement :

Est-ce que je me suis assez entraîné ? Est-ce que je vais tenir dans les cols ? Et si je craque après quatre heures ? Et si je n’arrive pas à suivre ?

Ces doutes ne signifient pas que la préparation est mauvaise. Ils viennent surtout du fait qu’on s’apprête à faire quelque chose que l’on n’a encore jamais fait.

Le plus utile est alors de revenir à ce que l’on maîtrise : l’entraînement réalisé, le matériel testé, l’allure prévue et le plan d’alimentation.

Le reste se découvrira sur la route.

Ne pas paniquer si l’on dort mal la veille

La veille d’une première cyclo n’est pas toujours la meilleure nuit de l’année.

Entre le réveil très matinal, le stress, l’excitation et la peur d’oublier quelque chose, le sommeil peut être léger ou entrecoupé.

Il ne faut pas pour autant considérer la journée comme compromise.

Une mauvaise nuit isolée n’efface pas plusieurs semaines ou plusieurs mois de préparation. Le sommeil des nuits précédentes compte aussi.

Le meilleur moyen d’éviter d’ajouter du stress consiste surtout à tout préparer en avance : vélo prêt, tenue choisie, dossard installé, alimentation répartie dans les poches et heure de départ connue.

Moins il reste de décisions à prendre le matin, mieux c’est.

Préparer la durée et le dénivelé, pas seulement les kilomètres

Accumuler les kilomètres ne suffit pas pour préparer sa première cyclosportive.

Si le parcours comporte plusieurs cols, l’entraînement doit inclure du dénivelé et des montées successives. Si la journée devrait durer six heures, il faut aussi avoir déjà passé plusieurs heures sur le vélo.

L’objectif n’est pas de reproduire intégralement l’épreuve à l’entraînement, mais d’habituer progressivement le corps à sa principale difficulté : durée, montagne ou enchaînement des deux.

Les sorties longues servent également à tester l’alimentation, les vêtements et la position sur le vélo.

Quand la météo ou le quotidien limitent les sorties, le home-trainer peut aussi permettre de conserver de la régularité dans la préparation.

Tester son alimentation avant la course

Une fringale peut ruiner une journée alors que les jambes sont encore bonnes.

Sur une longue cyclosportive, mieux vaut manger régulièrement avant d’avoir faim et boire régulièrement. Barres, compotes, pâtes de fruits, petits sandwiches ou gels : chacun doit surtout trouver ce qu’il tolère bien pendant plusieurs heures.

Le jour de la course n’est pas le moment de découvrir une nouvelle boisson énergétique ou un produit distribué au ravitaillement.

Tout ce qui entre dans les poches et les bidons devrait idéalement avoir déjà été testé à l’entraînement.

Partir moins vite que les autres

Le départ d’une grande cyclosportive pousse facilement à rouler au-dessus de son rythme.

Le peloton entraîne, les jambes sont fraîches et suivre un groupe quelques kilomètres/heure plus rapide semble facile. C’est aussi à ce moment-là que le stress du départ peut jouer : l’envie de bien faire se transforme parfois en envie de suivre tout le monde.

Il faut pourtant accepter de laisser partir.

Les kilomètres parcourus trop vite dans la première heure peuvent coûter beaucoup plus cher plusieurs heures plus tard.

Pour une première cyclo, la bonne allure est presque toujours celle qui donne l’impression d’en garder un peu trop au début.

Garder de la marge dans les cols

Le premier grand col est rarement celui qui décide d’une cyclosportive.

Avec des jambes fraîches, il est facile de monter trop vite. Les conséquences apparaissent plutôt dans la dernière ascension ou après plusieurs heures de vélo.

Cardio, capteur de puissance ou simples sensations : peu importe l’outil. L’objectif est surtout de conserver un effort maîtrisé.

Sur la Colnago GF Mont Ventoux, la difficulté n’était évidemment pas de comprendre qu’il fallait garder des forces pour la montée finale. C’était de réussir à le faire alors que, plusieurs heures auparavant, les jambes donnaient encore envie d’accélérer.

Une première cyclo se gagne rarement dans le premier col. Elle peut en revanche s’y perdre.

Gérer les ravitaillements sans perdre trop de temps

Sur une première cyclo, un ravitaillement ressemble facilement à une pause bien méritée.

On pose le vélo, on remplit les bidons, on mange, on échange quelques mots. Et dix ou quinze minutes passent très vite.

Quand une barrière horaire existe, ce temps compte autant que celui passé à pédaler.

Mieux vaut donc savoir ce dont on a besoin avant de s’arrêter : remplir les bidons, manger, éventuellement remettre une couche et repartir.

Quelques minutes gagnées à chaque ravitaillement sont parfois plus faciles à trouver que quelques minutes gagnées sur la route.

Être prudent dans les descentes

Une route fermée à la circulation n’est pas une route sans danger.

Les différences de niveau sont importantes sur une cyclosportive : certains descendent très vite, d’autres hésitent dans les virages ou changent brusquement de trajectoire.

Mieux vaut conserver sa ligne, laisser de l’espace et ne jamais chercher à suivre un cycliste plus rapide au prix d’une prise de risque.

Quelques secondes perdues dans une descente n’auront aucune importance à l’arrivée.

Préparer son vélo plusieurs jours avant

La veille d’une cyclosportive n’est pas le meilleur moment pour changer ses pneus, modifier sa position ou monter de nouvelles cales.

Quelques jours auparavant, il suffit de vérifier les éléments essentiels : pneus, freins, transmission, serrages, pression et fonctionnement du dérailleur.

Une dernière sortie courte permet ensuite de vérifier que tout fonctionne avec exactement la configuration prévue pour la course.

Le meilleur vélo pour une première cyclosportive n’est pas nécessairement le plus léger ni le plus cher. Un vélo à 10 000 euros ne remplacera jamais une préparation adaptée.

Le premier objectif : franchir la ligne

Temps final, vitesse moyenne et classement donnent forcément envie de se comparer.

Mais pour une première cyclosportive, la principale inconnue reste simplement de savoir comment on va réagir à cette journée.

Rouler dans un grand peloton. Gérer plusieurs heures d’effort. Traverser les moments de doute. Continuer lorsqu’un col paraît soudain beaucoup plus long que prévu.

C’est aussi ce qui rend une première participation particulière.

Au départ, on se demande si l’on va réussir à terminer. Quelques heures plus tard, lorsque la ligne est franchie, cette incertitude a disparu.

Et bien souvent, une autre question la remplace déjà : quelle sera la prochaine ?