Marathon de Paris 2027 : 166 000 candidats, pourquoi les dossards sont tirés au sort

Pour sa 50e édition, le Marathon de Paris a enregistré 166 000 candidatures à son nouveau tirage au sort. Un chiffre spectaculaire, mais loin d’être isolé. Dans les plus grands marathons du monde, obtenir un dossard devient parfois une épreuve avant l’épreuve.

166 000 candidats pour quelques dizaines de milliers de places. Le nouveau système d’inscription à l’ASICS Marathon de Paris n’a manifestement pas découragé les coureurs. Les candidatures au tirage au sort, ouvertes du 8 au 30 septembre, ont attiré des participants de 165 pays.

Depuis le 1er octobre, les candidats découvrent progressivement s’ils auront le droit de prendre le départ de la 50e édition, le 4 avril 2027.

Pour cette première année sous cette forme, le règlement prévoit au minimum 35 000 dossards attribués via le contingent grand public, auxquels s’ajoutent d’autres dispositifs. Les coureurs tirés au sort disposent ensuite de 72 heures pour confirmer leur inscription et régler les 169 euros demandés.

Le changement est important. Jusqu’ici, Paris fonctionnait essentiellement selon le principe du premier arrivé, premier servi. Il fallait être rapide au moment de l’ouverture des inscriptions. Désormais, une partie de son calendrier sportif dépend du hasard.

Après le prix du dossard, sa rareté

En 2024, nous nous interrogions déjà sur Extérieur Sport sur le prix du Marathon de Paris, dont le dossard pouvait déjà atteindre 170 euros. Deux ans plus tard, le tarif n’a quasiment pas bougé, mais une nouvelle barrière est apparue : avant de pouvoir payer 169 euros, encore faut-il désormais être tiré au sort.

Le phénomène dépasse largement Paris.

Berlin, New York, Tokyo ou Londres ont eux aussi recours à différents systèmes de sélection ou de loterie pour attribuer tout ou partie de leurs dossards. Face à une demande devenue largement supérieure au nombre de places disponibles, être prêt à payer ne suffit plus toujours.

1,3 million de candidats à Londres

L’exemple le plus spectaculaire vient de Londres. Pour son édition 2027, le marathon britannique a reçu exactement 1 338 544 candidatures à son tirage au sort, contre 1 133 813 l’année précédente.

Face à cette demande, Londres a pris une décision inédite : le marathon se déroulera exceptionnellement sur deux jours en 2027, avec 100 000 participants attendus.

Même en augmentant considérablement sa capacité, l’épreuve restera donc inaccessible à une immense majorité des candidats.

Quand le dossard devient un produit rare

Le paradoxe est assez saisissant. La course à pied reste l’un des sports les plus accessibles : pas de terrain à réserver, peu de matériel indispensable et la possibilité de courir presque partout. Mais participer aux événements les plus convoités devient au contraire de plus en plus compliqué.

Les organisateurs doivent composer avec une équation difficile : toujours plus de candidats, mais des parcours urbains dont la capacité n’est pas extensible à l’infini. Sécurité, largeur des rues, sas de départ, ravitaillements, transports ou occupation de l’espace public imposent des limites.

Le tirage au sort permet alors d’éviter la ruée au moment de l’ouverture des inscriptions et de ne plus favoriser les coureurs les plus rapides à se connecter.

Courir 42,195 km ne suffit plus

Cette évolution change aussi la manière de construire une saison. Préparer un marathon demande plusieurs mois, mais un coureur souhaitant participer à une grande épreuve doit parfois attendre le résultat d’une loterie avant même de pouvoir planifier son objectif.

D’autres portes existent. À Paris, l’organisation propose notamment des dossards engagés contre une collecte d’au moins 420 euros pour une association, des offres entreprises, des tours-opérateurs partenaires et, à partir du 1er décembre, une plateforme officielle de revente.

Les 166 000 candidatures parisiennes racontent donc autre chose que le simple succès d’une course. Dans les grands marathons, le premier défi n’est parfois plus de franchir la ligne d’arrivée. C’est d’arriver jusqu’à la ligne de départ.