Du Piton de la Fournaise aux remparts de Mafate, de la forêt du Tévelave au littoral sauvage de Sainte-Rose, La Réunion concentre une variété de paysages assez exceptionnelle. Cette sélection ne prétend pas dresser la liste définitive des plus belles randonnées de l’île : elle rassemble uniquement les itinéraires que nous avons réellement parcourus, avec leurs distances, leur dénivelé et surtout ce que nous en retenons sur le terrain.
À La Réunion, les kilomètres ne veulent pas dire grand-chose. Un parcours de 10 kilomètres peut déjà être exigeant, tandis qu’un itinéraire beaucoup plus long peut rester relativement roulant. Le dénivelé compte, bien sûr, mais aussi la boue, les marches, les rochers volcaniques, la chaleur ou la météo qui change parfois en quelques minutes.
C’est justement ce qui rend la randonnée ici si particulière. En quelques jours, on peut marcher au milieu des coulées de lave, dormir dans Mafate, progresser en forêt tropicale puis sortir sur une crête avec l’océan plusieurs centaines de mètres plus bas.
Voici les itinéraires que nous retiendrions aujourd’hui. Une sélection appelée à s’enrichir au fil de nos prochaines sorties.
8 randonnées à La Réunion que nous avons réellement parcourues
| Randonnée | Distance | D+ | Profil |
|---|---|---|---|
| Piton de la Fournaise | 13 km | 700 m | Volcan |
| Col des Bœufs – Marla – Col de Fourche | 17 km | 975 m | Mafate, sur 2 jours |
| Petit et Grand Bénare | 23 km | 1 300 m | Haute montagne |
| Roche Écrite | 20 km | 1 200 m | Forêt et panoramas |
| Dimitile | 19 km | 1 500 m | Montagne |
| Canalisation des Orangers – Maïdo | 23 km | 1 850 m | Mafate, exigeant |
| Anse des Cascades – Piton Sainte-Rose | 9 km | 380 m | Littoral |
| Piton Cabris | 6 km | 400 m | Court, soutenu |
Distances et dénivelés correspondent à nos propres traces GPS. Nous n’indiquons volontairement pas nos temps : certaines portions ont été réalisées en courant et ne seraient pas représentatives d’une randonnée classique.
Piton de la Fournaise : l’impression de marcher sur la Lune

13 km – 700 m D+
Difficile de découvrir La Réunion sans aller marcher au moins une fois sur le Piton de la Fournaise.
L’expérience commence idéalement la veille. Dormir dans le secteur du volcan permet de partir tôt et ajoute quelque chose à la sortie. Le lendemain matin, après la descente dans l’Enclos Fouqué, le paysage change complètement.
La végétation disparaît progressivement. Il ne reste bientôt plus que la lave, les couleurs sombres, les reliefs volcaniques et cette sensation très particulière de marcher sur une autre planète.
Le terrain n’est pas particulièrement technique lorsque les conditions sont bonnes, mais il reste irrégulier et les kilomètres finissent par compter. Arriver au bord du Dolomieu, sortir le pique-nique et déjeuner face au cratère fait partie de ces moments qui donnent tout leur sens à une randonnée.
Nous l’avons également parcourue avec un enfant habitué à marcher. Cela ne la transforme évidemment pas en balade familiale universelle, mais montre qu’avec de bonnes conditions et un peu d’expérience, le volcan peut être abordé sans rechercher la performance.
Pourquoi on la retient : Pour cette impression presque irréelle de marcher plusieurs heures sur la Lune.
→ À lire aussi : Randonnées à La Réunion avec des enfants : nos itinéraires testés en famille
Mafate par le Col des Bœufs : passer une nuit hors du temps

17 km – 975 m D+ sur deux jours
→ Voir la trace sur Strava jour 1 / Jour 2
Mafate n’est jamais tout à fait une randonnée comme les autres.
Depuis le Col des Bœufs, l’entrée dans le cirque est progressive. On traverse la Plaine des Tamarins, on descend vers Marla. Les routes et les voitures ont disparu, ici on change de rythme.
C’est probablement ce qui marque le plus : Mafate donne l’impression d’être en dehors du temps.
Nous avons choisi de passer la nuit à Marla avant de repartir le lendemain par le Col de Fourche. Cela transforme complètement l’expérience. On ne vient plus simplement « voir Mafate ». On y passe une soirée, une nuit, un réveil.
Le dépaysement est immédiat.
Le premier jour totalisait 8 km et 350 m de D+. Le retour par le Col de Fourche ajoutait 9 km et 600 m de D+, avec un parcours un peu plus physique et plus sauvage.
Pourquoi on la retient : Parce que dormir une nuit dans Mafate permet de comprendre ce que le cirque a de vraiment particulier.
Petit et Grand Bénare : une longue marche au-dessus de Cilaos

23 km – 1 300 m D+
Pour rejoindre le Grand Bénare, nous avons choisi de partir depuis la forêt du Tévelave.
La journée est longue, mais elle présente l’avantage d’offrir plusieurs objectifs successifs. Le premier est déjà remarquable : le Petit Bénare.
Une fois arrivé là-haut, la vue plongeante sur Cilaos suffit presque à justifier la randonnée. Pour quelqu’un qui veut découvrir le secteur sans s’engager sur une grosse journée, il est tout à fait possible de s’arrêter ici et d’en faire un objectif à part entière.
Pour les autres, la progression continue vers le Grand Bénare.
Les kilomètres s’accumulent, le terrain devient plus minéral et l’on finit par atteindre un monde entre deux univers : Cilaos d’un côté, Mafate de l’autre.
Avec près de 23 kilomètres, cette randonnée demande de l’endurance. Mais elle offre aussi l’un des plus beaux enchaînements de panoramas de cette sélection.
Pourquoi on la retient : Parce que le Petit Bénare constitue déjà une superbe randonnée, et que poursuivre jusqu’au Grand Bénare fait passer la journée dans une autre dimension.
Roche Écrite : méfiez-vous de la boue… et des nuages

20 km – 1 200 m D+
La Roche Écrite commence presque à l’opposé du Grand Bénare.
Ici, on entre d’abord dans la forêt.
Et selon la météo des jours précédents, cette première partie peut être très grasse. Après une journée de pluie, la boue peut considérablement ralentir la progression et rendre certains passages franchement pénibles.
C’est probablement le principal conseil à retenir avant de partir : regarder la météo du jour ne suffit pas. Il faut aussi regarder celle de la veille.
Plus haut, le paysage finit par s’ouvrir et le sommet récompense largement les kilomètres parcourus. À condition d’arriver suffisamment tôt.
Les nuages remontent vite sur le massif et peuvent réduire le panorama final à quelques dizaines de mètres de visibilité. Sur notre sortie, ils avaient déjà commencé à s’installer et ont légèrement gâché le spectacle.
Pourquoi on la retient : Pour le contraste entre la forêt humide du départ et les panoramas immenses du sommet.
Dimitile : de la forêt au balcon sur l’océan

19,5 km – 1 500 m D+
Le Dimitile est probablement l’une des randonnées qui nous a le plus surpris.
L’approche commence dans une superbe forêt sur le sentier du Zèbre, avec une progression longue mais agréable. Puis, au fil de la montée, le paysage s’ouvre littéralement.
Avec plus de 1 500 mètres de dénivelé positif, il faut évidemment aimer monter. Mais l’effort est largement récompensé lorsqu’on arrive au belvédère.
La vue est spectaculaire.
Et le retour par le sentier de la Grande Jument réserve encore une autre ambiance, avec par endroits une vue plongeante sur l’océan qui rappelle à quel point les reliefs réunionnais peuvent basculer rapidement de la montagne vers la mer.
Moins connu des visiteurs que Mafate ou le volcan, le Dimitile mérite pourtant largement sa place parmi les belles randonnées de l’île.
Pourquoi on la retient : Pour cette succession forêt, montagne, belvédère puis vue sur l’océan.
Canalisation des Orangers – Maïdo : une journée exceptionnelle au cœur de Mafate

23 km – 1 850 m D+
La Canalisation des Orangers offre plusieurs possibilités.
La plus accessible consiste à effectuer un simple aller-retour sur la canalisation au départ de Sans Souci. Le chemin est relativement roulant et suit longtemps le rempart en surplombant la Rivière des Galets.
Le paysage suffit déjà largement à justifier la sortie.
Mais nous avons choisi une autre option : poursuivre jusqu’au Maïdo.
Et là, la randonnée change complètement de dimension.
Avec près de 23 kilomètres et plus de 1 800 mètres de dénivelé positif, il ne s’agit plus d’une balade à flanc de montagne mais d’une vraie journée sportive.
On passe plusieurs heures au cœur de Mafate avant d’entamer la remontée. Et après tout ce chemin, sortir finalement du cirque par le Maïdo a quelque chose de particulier.
Le Maïdo fait partie des lieux mythiques de La Réunion. Y déboucher à pied après plusieurs heures au cœur de Mafate change complètement la perception du lieu.
Pourquoi on la retient : Pour cette traversée spectaculaire entre la Rivière des Galets et le sommet du rempart.
Anse des Cascades – Piton Sainte-Rose : La Réunion sauvage côté océan

9 km – 380 m D+
Ici, pas de sommet à 2 000 mètres ni de grand rempart.
On marche au bord de la mer.
Entre l’Anse des Cascades et Piton Sainte-Rose, le sentier longe un littoral sauvage où la végétation tropicale vient parfois presque toucher l’océan.
La végétation est luxuriante, la mer omniprésente et le contraste entre le vert, le noir du basalte et le bleu de l’océan donne au parcours une vraie identité.
Avec moins de 10 kilomètres, elle est beaucoup plus courte que les grandes journées de montagne de cette sélection, mais sans rien leur céder côté paysages.
Pourquoi on la retient : Pour ce sentier sauvage coincé entre végétation tropicale, coulées de lave et océan.
Piton Cabris : une petite randonnée qui a tout d’une grande

6 km – 400 m D+
Six kilomètres seulement.
Sur le papier, le Piton Cabris pourrait presque passer pour une promenade.
Sur le terrain, c’est autre chose.
Depuis Les Makes, le parcours constitue une excellente première approche des sentiers réunionnais : de la forêt, du dénivelé, quelques passages qui demandent un peu d’attention et surtout des vues spectaculaires sur le relief environnant.
C’est aussi une bonne randonnée pour se tester avant de partir sur des journées beaucoup plus longues.
Avec près de 400 mètres de dénivelé positif en seulement 6 kilomètres, l’effort reste réel, mais sans l’engagement d’un Grand Bénare ou d’un Dimitile.
Pourquoi on la retient : Parce qu’elle concentre beaucoup de ce qui fait la randonnée réunionnaise dans un parcours très court.
Quelle randonnée choisir à La Réunion ?
Tout dépend finalement de ce que l’on vient chercher.
Pour une première découverte, le Piton de la Fournaise reste difficile à remplacer. Le décor volcanique est unique et la randonnée suffisamment accessible pour toucher un public assez large.
Pour vivre vraiment Mafate, nous choisirions plutôt une nuit à Marla depuis le Col des Bœufs.
Pour une grosse journée de montagne, Petit et Grand Bénare, Roche Écrite et Dimitile offrent trois expériences très différentes.
La Canalisation des Orangers jusqu’au Maïdo s’adresse davantage à ceux qui veulent transformer la journée en véritable sortie sportive.
Et pour découvrir d’autres facettes de l’île, Anse des Cascades montre que La Réunion se découvre aussi au bord de l’océan, tandis que Piton Cabris permet de goûter rapidement aux sentiers des Hauts.
Il manque encore beaucoup de classiques à cette sélection. C’est volontaire.
Piton des Neiges, Bélouve, Grand Bassin ou d’autres itinéraires de Mafate et Cilaos viendront peut-être la rejoindre plus tard.
À une condition : les avoir réellement parcourus.
Avant de partir randonner à La Réunion
À La Réunion, l’état d’un sentier peut changer rapidement.
Pluie, boue, éboulement, crue ou fermeture administrative peuvent modifier complètement les conditions d’une randonnée. Avant chaque départ, il est donc indispensable de vérifier l’état des sentiers et les éventuelles restrictions sur la carte actualisée de l’ONF.
Autre règle presque universelle dans les Hauts : partir tôt.
Les nuages arrivent souvent rapidement en cours de matinée et peuvent transformer un panorama spectaculaire en mur blanc après plusieurs heures de montée.
Une bonne raison supplémentaire de régler le réveil un peu plus tôt.
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