Randonner à La Réunion avec un enfant de six ans, jusqu’où peut-on aller ? Piton Cabris, cratère Dolomieu au Piton de la Fournaise, week-end dans Mafate jusqu’à Marla… Nous partageons ici uniquement les itinéraires que nous avons réellement parcourus en famille, avec nos temps, nos traces GPS et notre ressenti de terrain.
Quand on cherche des randonnées à faire avec des enfants à La Réunion, on tombe souvent sur les mêmes petites balades faciles.
C’est rassurant, mais cela ne répond pas forcément à toutes les familles.
Depuis notre arrivée sur l’île, nous avons commencé à découvrir les sentiers avec notre fils de six ans. Pas en cherchant à accumuler les kilomètres ou le dénivelé, mais sans nous interdire non plus une randonnée simplement parce qu’elle dépasse les deux heures de marche.
Nous avons commencé tranquillement au Piton Cabris, aux Makes. Puis nous avons rejoint le cratère Dolomieu au Piton de la Fournaise. Quelques semaines plus tard, nous sommes partis dormir à Marla, au cœur de Mafate.
Trois expériences très différentes, qui nous ont surtout appris une chose : avec un enfant, la difficulté d’une randonnée ne se résume pas à son âge ou au nombre de kilomètres.
Cet article sera donc enrichi au fil de nos sorties, avec une règle simple : ne parler que des itinéraires que nous avons réellement parcourus en famille.
| Randonnée | Distance | D+ | Temps total | Notre ressenti |
|---|---|---|---|---|
| Piton Cabris – Les Makes | 6 km | 399 m | 2 h 15 | Parfait pour commencer |
| Piton de la Fournaise – Dolomieu | 13 km | 703 m | 5 h 00 | Long mais sans difficulté majeure pour nous |
| Col des Bœufs → Marla | 7,86 km | 367 m | 3 h 00 | Une belle entrée dans Mafate |
| Marla → Col de Fourche → parking | 8,98 km | 608 m | 3 h 20 | Plus sauvage et plus exigeant |
À garder en tête : ces temps correspondent à nos propres sorties avec un enfant déjà habitué à marcher. Ils ne constituent pas un âge minimum recommandé. À La Réunion, météo, état des sentiers, chaleur, altitude et fortes pluies peuvent modifier complètement la difficulté. L’état des itinéraires doit toujours être vérifié avant le départ.
Piton Cabris : parfait pour commencer
Distance : 6 km
Dénivelé positif : 399 m
Temps de marche : 1 h 47
Temps total avec les pauses : 2 h 15
Âge de notre fils : 6 ans
Pour nous mettre en jambes, nous avons commencé par le Piton Cabris, dans la forêt des Makes, sur les hauteurs de Saint-Louis.
Un choix qui s’est révélé presque parfait.
Notre boucle commence en forêt. On grimpe tranquillement au milieu de la végétation avant que le paysage ne change brutalement.
Et c’est là que cette randonnée prend tout son intérêt.

Sortir de la forêt et découvrir Cilaos
Après la montée, le cirque de Cilaos apparaît.
Les remparts, les sommets, le vide sous nos pieds : pour une randonnée familiale relativement courte, la récompense est impressionnante.
Le secteur du Piton Cabris et de la Fenêtre des Makes est justement connu pour ses points de vue sur l’ensemble du cirque de Cilaos. L’itinéraire officiel comporte également quelques passages plus aériens où il faut rester attentif avec de jeunes enfants.
Sur notre parcours, une petite descente plus technique vient ajouter juste ce qu’il faut d’aventure.
Notre fils s’amuse, nous prenons notre temps et nous rejoignons finalement le col pour sortir le pique-nique.
Puis retour vers la voiture.
Notre avis avec un enfant
Avec 6 kilomètres et près de 400 mètres de dénivelé positif, ce n’est pas simplement une promenade digestive.
Mais c’est précisément ce qui la rend intéressante pour commencer.
La randonnée permet de voir comment un enfant réagit à deux heures dehors, à une vraie montée, à quelques passages demandant davantage d’attention et à un peu de fatigue.
Sans s’engager pour toute une journée.
Pour nous, le test est concluant.
Une super balade familiale pour se mettre en jambes, prendre confiance et déjà en prendre plein les yeux.
Notre trace GPS – Piton Cabris
Piton de la Fournaise avec un enfant de 6 ans : on a marché sur la Lune
Distance : 13 km
Dénivelé positif enregistré : 703 m
Temps de marche : 4 h 00
Temps total avec les pauses : 4 h 59
Âge de notre fils : 6 ans
Après le Piton Cabris, nous avions envie de tenter quelque chose de plus long.
Difficile de trouver plus emblématique que le Piton de la Fournaise et le cratère Dolomieu.
L’itinéraire officiel part du Pas de Bellecombe-Jacob, descend dans l’Enclos Fouqué, passe à proximité de Formica Léo puis traverse les paysages volcaniques avant de rejoindre le point d’observation du Dolomieu. Le Parc national annonce environ 13 km pour l’aller-retour.
Mais pour nous, l’aventure commence la veille.
Dormir au gîte du Volcan
Nous avons choisi de passer la soirée et la nuit au gîte du Volcan.
Très bonne idée.
Le gîte se trouve à seulement quelques centaines de mètres de l’accès au volcan, ce qui permet de dormir sur place et d’être prêt à marcher dès le petit matin.
Nous avons aussi beaucoup apprécié les conditions d’accueil.
Avant cela, il faut tout de même parcourir la Route du Volcan et traverser la Plaine des Sables.
Le décor est extraordinaire.
Lors de notre passage, la piste l’était un peu moins.
Des trous partout, dont certains suffisamment profonds pour avancer au pas. À plusieurs reprises, on se dit presque qu’on irait plus vite à pied.
Mais le paysage fait déjà oublier une bonne partie du trajet.
Petit déjeuner, puis direction l’Enclos
Après une bonne nuit de sommeil et un solide petit déjeuner, nous partons au petit matin.
Descente dans l’Enclos.
Passage devant Formica Léo.
Puis cette longue traversée d’un univers où presque toute trace de végétation disparaît.
Le mot « lunaire » est souvent utilisé à propos du Piton de la Fournaise.
Une fois au milieu de l’Enclos, on comprend pourquoi.

Treize kilomètres à six ans
Nous nous demandions surtout comment notre fils allait gérer la longueur.
Finalement, aucune difficulté particulière ce jour-là.
Il avance bien, le terrain et les paysages entretiennent sa curiosité, et nous faisons régulièrement de petites pauses.
Avec une technique particulièrement efficace.
La pause bonbons.
Un ou deux bonbons, quelques minutes à souffler et l’énergie revient miraculeusement.
Nous poursuivons ainsi jusqu’au sommet.
Puis pique-nique face au Dolomieu.
Il y a pire comme endroit pour sortir les sandwichs.

Partir tôt au volcan
Ce n’est pas simplement une question de confort.
Au Piton de la Fournaise, les nuages peuvent rapidement gagner l’Enclos dans la journée et réduire fortement la visibilité. Les recommandations officielles conseillent justement un départ matinal et rappellent qu’il faut impérativement rester sur les itinéraires balisés.
Partir tôt permet également d’avoir une vraie marge lorsque l’on marche avec un enfant.
Parce que le retour est long.
Ce n’est pas particulièrement difficile dans les conditions que nous avons rencontrées, mais une fois le sommet derrière nous, il faut encore retraverser tout ce décor volcanique avant de remonter vers le Pas de Bellecombe.
Nous terminons finalement en 5 h 00 pauses comprises.
Avec des souvenirs plein la tête.
Et surtout cette petite fierté d’avoir, pendant quelques heures, marché sur la Lune.
Peut-on faire le Piton de la Fournaise avec un enfant de 6 ans ?
Notre fils l’a fait sans problème particulier.
Mais cela ne signifie pas que nous conseillerions cette randonnée à n’importe quel enfant de six ans.
Treize kilomètres, environ cinq heures dehors et plus de 700 mètres de dénivelé enregistrés sur notre montre représentent déjà une vraie sortie.
L’habitude de marcher compte énormément.
La météo aussi.
Le massif du volcan dépasse 2 600 mètres d’altitude et les conditions peuvent vite changer. L’accès à l’Enclos est par ailleurs réglementé en fonction de l’activité volcanique. Après l’éruption de 2026, l’accès au Dolomieu a par exemple été rouvert uniquement sur les sentiers autorisés, tandis que d’autres secteurs restaient interdits.
Vérifier les conditions et les restrictions avant de partir n’est donc pas facultatif.
Notre trace GPS – Piton de la Fournaise
Un week-end dans Mafate avec un enfant : du Col des Bœufs à Marla
Après le volcan, nous avions envie d’une autre expérience.
Pas nécessairement plus difficile.
Mais plus dépaysante.
L’idée : partir deux jours dans Mafate, rejoindre Marla à pied, dormir sur place puis rentrer le lendemain.
Pas de voiture.
Pas de route.
Juste nos sacs et deux journées devant nous.
L’itinéraire classique depuis le Col des Bœufs descend vers la Plaine des Tamarins avant de bifurquer en direction de Marla. L’office de tourisme classe d’ailleurs le parcours Col des Bœufs–Marla parmi les itinéraires faciles, avec un peu plus de 7 km en aller simple.
Jour 1 : du Col des Bœufs à Marla
Distance : 7,86 km
Dénivelé positif : 367 m
Temps de marche : 2 h 19
Temps total : 2 h 56
Depuis le parking, nous rejoignons le Col des Bœufs avant de basculer dans Mafate.
Le début est simple.
Le chemin descend et une partie du parcours est aménagée avec des marches et des platelages en bois. Des aménagements sont d’ailleurs régulièrement réalisés dans ce secteur très fréquenté pour limiter l’érosion et améliorer le cheminement.
Pour notre fils, ces passerelles ont surtout une autre utilité :
c’est amusant.
On avance dessus, on évite la boue et, surtout, on garde les pieds au sec.

La Plaine des Tamarins
Nous arrivons ensuite dans l’un de ces endroits qui donnent immédiatement une identité à une randonnée.
La Plaine des Tamarins.
Le relief s’adoucit, les grands tamarins prennent le relais et nous croisons même quelques vaches.
C’est ici que l’itinéraire vers Marla se sépare de celui qui descend vers La Nouvelle.
Nous poursuivons tranquillement.
Pique-nique près de la rivière.
Puis vient la remontée vers Marla.
Rien de particulièrement compliqué pour nous ce jour-là.
Un peu moins de trois heures après notre départ, nous arrivons à destination.
Une nuit chez Yolande Hoareau
Nous avons réservé au gîte Yolande Hoareau, à Marla.
Très bon accueil, repos et, le soir venu, un bon cari après une journée dehors.
Le gîte est bien situé à Marla, sur les itinéraires de randonnée traversant l’îlet ; l’hébergement et les repas peuvent être réservés à l’avance.
Et dormir ici change complètement la perception de la randonnée.
On n’attend pas le moment où il faudra revenir à la voiture.
Marla est la destination.
Pendant ce temps, un aller-retour à Trois Roches
Une fois la famille installée au gîte, j’en profite pour repartir seul.
Direction Trois Roches.
Cet aller-retour ne fait donc pas partie de la randonnée réalisée avec notre fils ni des chiffres indiqués dans le tableau.
Quelques kilomètres suffisent pour découvrir un Mafate encore différent.
Plus minéral.
Plus sauvage.
Puis retour à Marla pour le repas et la nuit.

Jour 2 : retour par le Col de Fourche
Distance : 8,98 km
Dénivelé positif : 608 m
Temps de marche : 3 h 01
Temps total : 3 h 19
Le lendemain matin, après le petit déjeuner, nous décidons de ne pas reprendre exactement le chemin de la veille.
Nous rentrons par le Col de Fourche.
Cette variante ajoute un peu de distance et surtout davantage de montée.
Le Col de Fourche constitue une autre porte d’entrée dans Mafate, reliée au secteur de la Plaine des Merles et du Col des Bœufs. Le sentier plonge ensuite vers le cirque par une pente qui peut devenir glissante lorsqu’elle est humide.
Dans notre sens, il faut évidemment la remonter.
Un retour plus exigeant
Les chiffres le montrent bien.
La veille : 367 m de D+.
Au retour : 608 m.
Le deuxième jour est donc un peu plus exigeant, d’autant que les jambes ont déjà travaillé la veille.
Mais le parcours est aussi plus sauvage.
Et comme nous ne revenons pas exactement par le même itinéraire, nous n’avons jamais vraiment l’impression de refaire la randonnée à l’envers.
À six ans, la fatigue finit tout de même par apparaître.
Il est donc temps de ressortir notre ravitaillement miracle.
Quelques bonbons supplémentaires.
Puis nous rejoignons le parking après 9 kilomètres et 3 h 19 pauses comprises.
Deux jours dans Mafate : notre coup de cœur en famille
Au total, notre fils aura parcouru :
17 km
975 m de dénivelé positif
6 h 15 sur les sentiers, pauses comprises
Répartis sur deux jours.
Mais les chiffres racontent assez mal ce week-end.
Ce qu’il retiendra probablement, ce sont davantage les passerelles, les vaches, le pique-nique, Marla, la nuit au gîte et le cari du soir.
Et c’est peut-être justement ce qui rend Mafate si intéressant avec un enfant.
La randonnée n’est plus seulement une marche.
Elle devient une petite aventure.
Notre trace GPS – Col des Bœufs → Marla
Notre trace GPS – Marla → Col de Fourche → parking du Col des Bœufs
Ce que nous avons appris en randonnant avec un enfant à La Réunion
Après ces premières expériences, nous nous garderions bien de définir un âge minimum ou une distance maximale pour randonner avec un enfant.
Deux enfants de six ans peuvent avoir des capacités et surtout des envies complètement différentes.
En revanche, quelques enseignements commencent déjà à se dégager.
Commencer petit avant de voir plus grand
Le Piton Cabris nous a servi de test.
Deux heures dehors, presque 400 mètres de montée et suffisamment de terrain varié pour voir comment notre fils réagissait.
Nous ne serions probablement pas partis directement pour treize kilomètres au volcan sans avoir cette première expérience.
Ne pas regarder uniquement les kilomètres
À La Réunion encore moins qu’ailleurs.
Marches, racines, roches volcaniques, boue et dénivelé peuvent complètement transformer une distance.
Les 13 kilomètres de la Fournaise et les 8 kilomètres pour rejoindre Marla n’ont pas grand-chose à voir.
Partir tôt
C’est probablement le conseil qui reviendra le plus souvent dans cet article.
Dans les Hauts, les nuages peuvent rapidement masquer les panoramas. Au volcan, les recommandations officielles insistent elles aussi sur l’intérêt d’un départ matinal.
Avec un enfant, partir tôt permet aussi de conserver une marge en cas de coup de fatigue.
Donner un objectif à la randonnée
Voir Cilaos.
Marcher sur un volcan.
Pique-niquer au sommet.
Dormir à Mafate.
Traverser les passerelles.
Pour notre fils, cela fonctionne beaucoup mieux que de lui annoncer simplement qu’il reste encore quatre kilomètres.
Accepter de ralentir
Le rythme de la journée n’est pas celui des adultes.
Et ce n’est pas grave.
Le but n’est pas de battre le temps annoncé sur un topo.
Il est d’avoir envie de repartir la semaine suivante.
Ne jamais oublier les bonbons
La science demandera probablement encore quelques études avant de valider notre protocole.
Nous, nous avons déjà suffisamment de données.
Ça marche.
Par quelle randonnée commencer avec un enfant à La Réunion ?
Sur celles que nous avons testées jusqu’ici, notre réponse est simple :
Piton Cabris.
Six kilomètres, une vraie montée, un parcours varié et surtout un superbe panorama sur Cilaos.
Si tout se passe bien et que l’enfant prend plaisir à marcher, il devient ensuite possible d’envisager quelque chose de plus ambitieux.
Mafate sur deux jours constitue alors une très belle progression parce que l’effort est réparti et que la nuit en gîte donne un véritable sens à l’aventure.
Le Piton de la Fournaise jusqu’au Dolomieu vient ensuite pour nous.
Pas parce que le chemin est extrêmement technique.
Mais parce que cinq heures et treize kilomètres commencent à représenter une vraie journée pour un enfant.
D’autres randonnées viendront
Cette page n’est volontairement pas un « Top 10 ».
Elle grandira avec nous et notre fils !
À chaque nouvelle randonnée réellement parcourue en famille, nous ajouterons ici la trace, les chiffres, ce qui nous a plu, ce qui nous a semblé plus difficile et ce que nous aurions aimé savoir avant de partir.
Parce qu’il reste encore beaucoup de sentiers à découvrir à La Réunion.
Et quelques bonbons dans le sac.
La newsletter Extérieur Sport
Courir, rouler, marcher : prendre un peu de recul sur nos pratiques. Une fois par semaine, pas plus !




